Développer sa conscience de soi en apprenant à accueillir ses émotions : voilà mon premier défi ! J'ai décidé de reprendre les reines de ma vie en étant plus consciente de mes émotions grâce à l'intelligence émotionnelle. Je fais ainsi appel à ma créativité pour, non plus agir face aux évènements extérieurs, mais apporter des réponses utiles à mes besoins identifiés.

#défi 1 : vers une meilleure conscience de soi – j’accepte mes émotions

Il y a encore quelques semaines de ça, je pensais que je devais apprendre à gérer mes émotions. Cela consistait à m’isoler lorsque je me sentais mal. Je tentais alors une séance de méditation à me répéter « je suis responsable de mon émotion  » ou encore « cette émotion ne m’appartient pas ». Ma démarche était honnête et je pensais sincèrement être sur la bonne voie.

J’avais néanmoins quelques doutes persistants puisque je ne parvenais que rarement à me calmer. Souvent, mon cerveau entrait en ébullition à trop penser et chercher une solution à mon mal-être du moment.

Je voulais être responsable à 100% de mes ressenties pour ne pas affubler l’autre de ma colère ou encore ma tristesse. D’ailleurs pour moi, il existait encore de bonnes et de mauvaises émotions.

 

Et puis j’ai découvert l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle est définie comme « la capacité de comprendre ses émotions, de les exprimer avec précision et de les réguler » *. Reconnaître cette intelligence (parmi tant d’autres que nous possédons) c’est ouvrir la porte à un nouvel équilibre. Dans ma démarche précédente, j’étais encore dans le contrôle de mes ressenties. Seule la manière de contrôler mes émotions avait été modifiée, les conséquences restaient les mêmes. Et pour corser le tout, j’avais cru bon de dénigrer la colère, la tristesse et la peur. Lorsque je les ressentais, je ne trouvais plus ça normal, car digne d’un manque de gestion de moi-même.

Ma quête du bien-être intérieur m’avait amené à me juger dès que ça n’allait pas. A certains moments, je pensais comprendre comment m’y prendre puis à d’autres, j’étais perdue.

Les paroles bienveillantes d’une personne de mon entourage ont fini par m’ouvrir une nouvelle solution : « si tu ressens une émotion, c’est que quelque chose en toi est touché, c’est un signal. Tu ne dois pas l’ignorer, mais l’accepter et la comprendre pour trouver ce dont tu as besoin ».

J’ai alors compris qu’il fallait que je considère l’émotion comme une partie intégrante de moi pour lui redonner sa place.

 

 « Tiens-toi droite ! « 

Notre éducation nous a orienté vers cette « norme » sociale qui consiste à contrôler nos ressentis pour mieux vivre en société. Il semble normal aujourd’hui de réagir à une situation en ignorant ou inhibant ce que l’on ressent. Ou, d’une manière plus controversée à crier, bouder, pleurer, insulter pour répondre à ce « trop-plein » de sentiments enfouis non compris et non exprimés. Ces situations amènent à rendre ce qui est extérieur à nous responsable de nos réactions.

Lorsque nous commençons à ressentir une émotion plus ou moins agréable, nous ne faisons que réagir à un stimulus. C’est l’expression d’un ou plusieurs besoins. Très souvent, ces derniers sont bien enfouis parce que nous n’avons pas appris à les détecter. Schématiquement, réagir à un évènement consiste à adopter toujours le même comportement sans jamais se remettre en question.

Nous laissons notre cerveau diriger, croyant sincèrement que nous ne pouvons pas avoir le contrôle sur ce qui se passe après avoir ressenti une émotion intense. Le sentiment éprouvé sur l’instant est protecteur (peu importe qu’il soit agréable ou non), mais le comportement associé peut être destructeur, car adopté depuis toujours, mais sans solution réelle. Croire que nous ne pouvons pas avoir d’impact est limitant et n’est pas si représentatif de qui nous sommes comme on pourrait le penser.

 

« C’est mon caractère »

Combien d’entre nous associent une réaction qu’ils peuvent avoir à ce qu’ils appellent leur « caractère ». Souvent, elle est liée à la croyance que nous ne pouvons pas changer : « c’est comme ça à point c’est tout », « chez nous, on a le sang chaud », « je suis très émotive, je pleure d’un rien »… Pourtant, la vie est en constante évolution. Il suffit simplement de regarder les avancées dans le monde. Les neurosciences le prouvent elles aussi : notre cerveau continue de créer des liens neuronaux jusqu’à notre mort.

 

« C’est la répétition des informations qui mène à la croyance. Et quand cette croyance devient une conviction profonde, les choses commencent alors à se réaliser. » (Mohamed ALI)

 

Regardons-nous : depuis notre naissance, nous changeons, évoluons. Il n’existe pas une date précise où notre cerveau se dit : « tient, aujourd’hui, je m’arrête et démerde-toi avec ce que tu as« . Probablement que se persuader qu’on ne peut pas changer peut amener ce résultat et nous dénuder de possibilités d’évolution en limitant notre créativité.

Nos réactions sont liées aux croyances que nous avons acceptées de notre éducation et de nos expériences de vie. Reconnaître que nous pouvons avoir un impact est vertigineux puisque nous devenons responsables. Accepter une telle position remet en cause la place de nos émotions. Nous pouvons apprendre à nous les réapproprier en prenant du temps pour soi pour mieux se comprendre.

 

Apprendre à accueillir ses émotions.

Cultiver son intelligence émotionnelle ça s’apprend tout comme marcher, parler, calculer, lire, jouer d’un instrument, conduire, maîtriser une compétence dans son métier, ouvrir un blog 😉 … Ça peut demander de l’énergie et du temps. Là encore, tout va dépendre de ce qui te limite. Peut-être vas-tu te dire « je n’ai pas le temps pour ça », « ce qu’elle dit est faux », « je n’ai pas envie de changer », « je n’en suis pas capable ». Ou décider de voir ce qui te freine, reconnaitre tes réactions habituelles, faire le choix d’une autre voix ou bien croire au changement.

 

« Si vous ne risquez rien, vous risquez encore plus. » (Erica JONG)

 

Maintenant que tu es prêt à t’ouvrir à quelque chose de nouveau, je te fais part de la démarche que j’ai adoptée depuis plusieurs semaines pour me connecter réellement à mes émotions et développer de nouvelles réponses.

 

Une bonne pincée de curiosité et d’envie de découverte.

J’ai dégoté un livre qui mêle explications et pratiques afin de mieux appréhender « l’intelligence émotionnelle » : « Comment cultiver son intelligence émotionnelle » de Gilles CORCOS et Corinne VILDER. Je le parcours à mon rythme en prenant des notes. Je complète par des recherches sur internet (vidéos, articles) et des ouvrages. Ensuite, place à la pratique !

 

Une bonne dose de patience et d’écoute de soi.

A chaque moment où un sentiment pointe le bout de son nez, je le laisse venir en prenant le soin d’évacuer mes pensées et jugements qui pourraient s’y attacher. Je cherche en fait une certaine neutralité. C’est à ce moment-là que je me questionne, soit intérieurement, soit à haute voix si je suis seule (Libère-toi de cette peur de passer pour « une andouille » si tu parles seul chez toi. Tu ne risques aucune remarque. Crois-moi, aucun de mes meubles ne m’a encore ri au nez).

1– Je dis ce que je ressens « je me sens honteuse, énervé, déçu, triste, déprimée … »

2– Je l’associe à une émotion : « Suis-je triste ? En colère ? Ai-je peur ? … »

3– Je me questionne : « Quel est mon besoin ? Quelle valeur a été touchée ? … »

4– Je choisis de répondre et non d’agir. Agir, c’est laisser l’habitude prendre le contrôle et donc de ne pas être créatif. Répondre, c’est faire bouger ses méninges et explorer d’autres manières de faire. Il faut garder à l’esprit que la réponse ne nous saute pas aux yeux tout de suite. Néanmoins, le travail fait en amont permet de relativiser et de se laisser du temps. Si c’est nécessaire, j’écris ce que je ressens ou j’en parle à une personne de confiance. Réfléchis à toutes ces fois où tu as réagi sous le coup de la colère et fini par regretter tes actes et/ou paroles. La solution peut parfois même être toute simple, telle que formuler une demande.

5– Je ne me juge pas si j’ai la sensation d’avoir réagi comme avant ou si je n’ai pas encore trouvé de solution. Je lâche prise et j’apprends à être patient (pas facile dans un monde où on veut tout, tout de suite). Nos schémas sont souvent présents depuis bien longtemps. Faire preuve de bienveillance envers soi-même sera une force.

Je ferai un bilan d’ici quelques mois pour t’exposer mon avancée, ce que j’ai compris, changé et bien sûr, les effets de cette pratique sur mon quotidien. Je ne suis qu’au début de mon défi donc si l’aventure te tente, n’hésite pas à partager tes connaissances et tes expériences.

 

Et toi, tu en es où dans la gestion de tes émotions ?

 

*Mikolajczak, Moïra. Mieux vivre ses émotions. In: Cerveau et Psycho, Vol. 35, p. 52-57 (2009)

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