Je démarre cette première chronique de yoga avec la découverte du Nâtha yoga, pratique peu rependue en occident. Apaisement du mental assuré.

#Chronique Yoga – Nâtha Yoga : inspire, serre ton centre, visualise, bloque ta respiration…

Depuis que j’ai mis un pied dans le yoga, j’ai compris qu’il existait une multitude de pratiques se rapprochant plus ou moins de la « philosophie » ancestrale. Par ce que le yoga, ce n’est pas simplement faire des positions sur un tapis, se retrouver la tête en bas ou encore toucher ses jambes avec son nez. Dernièrement, j’étais plutôt dans une application d’asanas en essayant de me concentrer essentiellement sur ma respiration. La séance de Nâtha m’a plongé dans une pratique bien plus poussée, aux portes d’une philosophie détachée de recherche de perfection ou encore de performances corporelles.

 

Pourquoi le Nâtha Yoga ?

Par ce que c’est comme ça et pas autrement… Non, plus sérieusement. Deux fois par semaine, je me rends à mon cours de théâtre. Dans l’un d’entre eux, l’une des comédiennes se forme à ce type de yoga et lors d’un papotage nous en sommes venues à nous rancarder pour un « apéro-yoga » entre copines. J’étais vraiment très enjouée à cette idée, surtout que je n’avais pas encore eu l’occasion de pratiquer avec une personne formée. Au départ, je partais avec l’idée d’être orientée sur mes asanas. Pratiquant seule à la maison, je n’étais pas certaine de mes postures. Je craignais la blessure à long terme. Elle m’a averti : elle ne serait pas d’une grande aide sur ce point. Cette réponse a réellement aiguisé ma curiosité

« © [windyschneider] / Pixabay»

Le Nâtha : yoga de l’énergie et de la respiration

Originaire de l’inde et plus précisément de la branche philosophique du tantrisme, le Nâtha aurait été le premier yoga enseigné par Shiva. Aucune religion ou croyance ne seraient associées au Nâtha. Cette discipline, peu connue en occident, se concentre sur le corps et l’esprit, et plus particulièrement, sur ce qui fait l’union entre eux : le souffle et l’énergie. Par rapport aux autres yogas, elle met l’accent sur :

  • Les postures (asanas)
  • Le souffle (prânâyâmâ)
  • Les fixations oculaires (les drishtis)
  • Les visualisations
  • Les gestes (les mudras) et les contractions musculaires (les bandhas)
  • Les concentrations (les dharanas)
  • la méditation (dhyana)
  • Le retrait des sens (prathyara)
  • Le yoga du son, nada-yoga et mantra
  • La relaxation, yoga-nidra
  • Le corps énergétique (les chakras)
  • Les rituels (les puja)

Cette pratique multidimensionnelle vise à l’harmonie de notre masculin et notre féminin. Notre côté lunaire et solaire.

 

Une pratique qui apaise le mental

Je suis du genre à vouloir beaucoup, beaucoup, beaucoup… contrôler. Mon mental est constamment en mode discussion et n’apprécie pas réellement que je me pose trop longtemps pour me centrer sur moi.

Cette pratique demande une concentration importante puisqu’elle associe en même temps une posture, une visualisation, une respiration ou encore une fixation oculaire. Comment vous dire que vous n’avez pas le temps de réfléchir à ce que vous allez faire après : pas le choix que d’être dans l’instant.

La pratique c’est faite dans la douceur. Nous avons réalisé peu de postures pour prendre le temps de nous en imprégner. Se sont les respirations qui nous ont guidé dans la durée des asanas. Nous commencions par entrer dans la posture (tortue, crocodile…). Nos inspirations étaient ensuite rythmées par les comptes de notre professeure. Pratiquant le soir, nous avons réalisé l’ensemble des postures à poumons pleins histoire de pouvoir nous endormir facilement après (la pratique à poumons vide est plus énergisante, donc bonjour l’insomnie). En même temps, nous devions nous relier à notre centre, imaginer tantôt une boule rouge au niveau de notre chakra racine évoluer au rythme de nos respirations, tantôt des énergies monter puis s’évacuer de notre corps à l’expiration. Tout ça en contractant notre périnée pour garder cette même énergie. Vous comprenez la difficulté pour le mental de faire sa place dans tout ça.

Après chaque posture, nous prenions un temps, les yeux fermés, pour regarder ce qui s’était passé en nous et ainsi remarquer les changements, les sensations dans notre corps, notre esprit…

La séance s’est terminée avec une longue relaxation d’introspection où chaque partie du corps était passée au crible pour l’amener au relâchement complet.

« © [mohamed_hassan] / Pixabay»

Le yoga de la bienveillance et de l’acceptation de ce qui est

Après ce cours, je me suis sentie bien. Mon corps était relâché et je serais limite allée me mettre au lit si les antipasti et le vin ne nous attendaient pas après cette séance. Je ne peux pas dire que cela a été facile. Le fait d’être concentrée partout à la fois, de se rendre compte à de multiples reprises que mon centre était déverrouillé alors que je partais voir ce qui se passait du côté de ma posture ou de ma respiration. Pourtant, j’ai adoré. Le rythme déjà, les différentes pratiques du souffle et leurs effets. Mais surtout l’accompagnement et la philosophie autour de cette pratique : comprendre que tout est parfait maintenant. Notre professeure d’un soir nous l’a bien fait comprendre, il n’y a pas de recherche de « la posture parfaite« , de l’excellence ou encore de la souplesse. Il s’agit d’un temps a accordé à soi, à ce que nous sommes dans l’instant avec nos possibilités et une reconnexion à nos énergies intérieures.

 

Parvenir à maitriser cette pratique demande du temps et de l’entrainement. Le plus important reste l’intention mise dans ses enchainements et l’acceptation de ce qui est à l’instant où nous décidons de rejoindre notre tapis.

2 Comments

  • Reply Chicetresponsable 10 juin 2018 at 9 h 38 min

    Merci pour ton partage. Je me suis plus développé en méditation qu’en yoga. Mais j’aime beaucoup l’idée, dans ce que tu développes, du parfait mélange entre méditation et yoga. Je pensais que le yoga n’était qu’une succession de postures, calées sur la respiration. Je vais donc me renseigner sur les différents yogas. Il y en aura surement un qui me correspondra. Celui que tu décris me plaît bien ;D

    • Reply Lyne 15 juin 2018 at 12 h 21 min

      J’avais moi aussi cru que seul la pratique des postures correspondait à du yoga alors qu’il s’agit d’une branche du yoga, tout comme la méditation. Le yoga a été réduit à un sens stricte qui lui a fait perdre son essence même. J’ai compris récemment que seulement faire des Asanas sans se concentrer sur ses ressenties, sur sa respiration… C’était au final comme faire une séance de stretching ^^. Du coup, en élargissant plus loin, c’est sortie de sa zone de confort assuré (mais tellement plus intéressant ainsi). En effet, il existe une multitude de yoga, des plus où moins dynamique. Le Nàtha, c’est très doux, autant dans les postures qu’avec soi-même.

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