Aujourd'hui, j'allège ma penderie et me débarrasse des vêtements et accessoires inutiles. Cette démarche minimaliste a surtout une visée humaine et environnemental : consommer moins mais mieux, me rapprocher de mes besoins réels et ainsi ne plus dépendre des idées de consommation de l'industrie de la mode.

Plus de minimalisme dans ma penderie

La penderie de la maison n’est pas passée à côté du rangement printanier. Pas « fashion victime », ni du genre à faire du shopping toutes les semaines, je pensais encore être raisonnable dans mes achats. Pourtant, après une visite de mes placards, j’ai dû me rendre à l’évidence : il y en avait encore beaucoup trop de pièces que je n’utilisais plus et qui prenaient la poussière. Je me suis donc résolue à alléger mes étagères pour ne garder que les vêtements et accessoires que je portais réellement.

 

Petite histoire de ma penderie…

Juste ce qu’il faut

Très jeune, j’ai pris l’habitude de consommer ce qu’on peut communément appeler de la « fast fashion ».

Un double cheese et une grande frite s’il vous plaît !

Si je vous invite dans mes placards, vous y verrez du « made in China », « Taïwan » ou encore « Bangladesh » comme une majorité de la population occidentale. Adolescente, j’appréciais faire des sessions shopping avec ma mère et ma sœur avant la rentrée scolaire dans les grandes chaînes de magasins. J’en ai encore de merveilleux souvenirs, et ce n’est pas les fringues qui m’ont laissé ce goût « d’instants authentiques » entre filles.

Au moment de mes études, je n’ai plus connu ces moments d’achats. Je me contentais d’une fringue par mois si j’avais réussi à économiser. C’était mon petit plaisir. J’adorais sincèrement ces quelques vêtements que je pouvais m’acheter après les avoir reluqué plusieurs jours d’affilée!

Je passais mon temps à imaginer le jour où j’aurai les moyens de me procurer pleins de vêtements sans me poser de questions sur ce que cela pourrait me coûter en sortant du magasin… Le rêve.

 

Et puis, je suis entrée dans la vie active

J’ai ainsi connu mes premiers moments de razzia dans les magasins, notamment pendant les soldes. J’avais toujours quelques économies pour ces moment-là . Je partais à la conquête des petits prix, mais revenais toujours avec des pièces des nouvelles collections.

Très tôt, j’ai appris à faire attention à ne pas dépenser plus que ce que j’avais sur mon compte. En revanche, je constatais que mon budget alloué à la mode avait pris de l’ampleur. Toutes ces réductions tellement alléchantes, celles où je sortais du magasin avec l’impression d’avoir fait une bonne affaire (alors que j’avais seulement dépensé de l’argent non prévu pour ça initialement). De plus en plus d’achats coup de tête sont venus garnir mes placards pour le seul motif de ne pas louper une réduction temporaire.

Et puis, une à trois fois par an, je passais au tri et je virais ce que je ne mettais plus : trop petit, jamais mis, plus à la mode… Pourtant, il en restait toujours autant dans mes placards.

 

Le jour où j’ai croisé Marie Kondo

Début 2017, j’ai découvert la méthode de pliage KON-Marie de Marie KONDO. Ça a été la première étape pour me rendre compte de ce qu’il y avait dans mes placards. Je me suis mise à tout réorganiser, à plier et ranger dans des boites.  J’ai certainement viré quelques fringues, mais au final, j’ai plutôt cherché à garder, tout en voyant ce que je possédais. J’ai donc continué à acheter sans me poser plus de questions , en forçant dans mes boites de rangement pour que tout loge.

Un an après, la conclusion était telle que cette méthode ne pouvait être efficace si en amont,  je n’allégeais pas réellement ma garde-robe pour que chaque vêtement ait vraiment sa place. C’est ainsi que l’idée de minimaliser ma penderie m’est venue. C’était parti pour le grand tri !

Pliage avec la méthode KON-MARIE d’une partie de mes vêtements. La réutilisation de boites à chaussures m’a permis de ranger le tout.

 

Le grand tri : revenir à la raison

Le dernier tri a été pour moi un grand moment de réflexion sur ma consommation. Bien des pièces de ma garde-robe m’ont donné du fil à retordre. Après avoir identifié les vêtements que je ne mettais plus, mon cerveau m’a asséné de multiples raisons de les garder :

  • Le coût du vêtement ou de l’accessoire
  • La possibilité de perdre du poids (même si ça fait 2 ans que ce dernier est plutôt stable et que mon corps se sent bien essentiellement dans du 38)
  • La beauté du vêtement et la probabilité d’arriver à le mettre un jour
  • La pièce qui est un cadeau
  • Celle que je garde pour un jour particulier (et quand ce jour arrive, je mets toujours autre chose à la place)

Bref, vous l’aurez compris : beaucoup de mauvaises raisons. Ni une, ni deux, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai retiré l’inutile.

 

Passer de 280 pièces à 200

Contrairement à beaucoup de consignes que j’ai pu trouver sur internet, je n’ai pas vidé entièrement mes placards. L’ensemble de ma garde-robe étant visuellement accessible, j’ai simplement regardé les boites une par une, retirant certaines pièces pour les répartir en 3 groupes :

  • Les pièces à vendre

Ces dernières vont être prises en photo et poster sur des réseaux de vente tel que Vinted. Elles feront aussi partie des boites qui me suivront lors de mes prochains vides greniers.

  • Celles à donner ou à recycler

C’est le groupe de la deuxième vie : direction EMMAÜS ou la fibre du tri. Pas question de remplir les poubelles d’ordures. Les tissus n’ont pas dit leur dernier mot.

  • Pour finir, un groupe pour les pièces où j’ai vraiment un doute

Il s’agit de vêtements et accessoires que j’ai bien du mal à lâcher. Pour ne pas prendre de décisions à la hâte et ne pas regretter mon choix dans 1 mois, j’ai disposé ces derniers dans des boites fermées, cachées en haut de ma penderie. J’y ai indiqué une date de fin. Si dans 6 mois, je n’ai pas mis le nez dedans, je pourrai bel et bien décider de leur donner une seconde vie ailleurs, loin de mes placards.

Au total, c’est plus de 80 pièces (dont 18 en attente) qui ont été retirées de ma penderie (chaussures, vêtements, sous vêtements, accessoires de mode). Et depuis 2 semaines, aucune ne m’a manqué.

 

Et après ?

L’été va arriver et je vais probablement constater qu’il y a encore des pièces que je ne porte plus. Pour celles que je vais ajouter, je compte viser des choses plus locales et/ou éthiques, mais surtout penser en terme de besoin.

Consommer la mode de cette manière est un enjeu humain et écologique. Derrière chacun de nos achats se cache une demande que nous envoyons aux industries de la mode. En achetant de la fast-fashion, nous finançons des techniques de production qui polluent et encourageons des politiques sociales abusives dans des entreprises situées à l’autre bout du monde : salariés sous-payés, non respect des normes de sécurité, travail des enfants, utilisation massive d’eau et de produits chimiques…

Avec cette décision, je souhaite contribuer à ma manière à une vie plus éthique et respectueuse des hommes et de l’environnement. A titre plus personnel, l’objectif est aussi de me simplifier la vie en allégeant ma penderie. Plus besoin de fouiner partout : je peux voir directement ce que je vais porter. Et puis, c’est bien moins la pagaille dans les placards !

 

Et vous, vous en êtes où avec votre penderie ? Seriez-vous prêt à vous lancer dans une consommation de la mode plus éthique et minimaliste ?

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