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Économiser 200€ en buvant l’eau du robinet

L’un de mes grands défis de l’année 2019 était de me mettre enfin à boire l’eau du robinet. 27 ans de fidèle service auprès de mes bouteilles d’eau en plastique, il était grand temps que cela change.
Là où vivent mes parents, le choix est limité. La qualité de l’eau est considérée comme « médiocre » réduisant les possibilités de la consommer sans risque. Alors, c’est devenu habituelle d’aller chercher mes packs au magasin.
Voilà 8 ans que j’ai quitté le cocon familial. Jamais je n’avais remis en question cette consommation, malgré mes déménagements à des centaines de kilomètres de chez eux, jusqu’à mon souhait de transition vers moins de déchets.

 

Aquaphobie

La réflexion a été longue, je dirais, un peu plus d’un an. Je n’osais poser mes lèvres dans un verre d’eau provenant du robinet. Mes croyances étaient fortes : l’eau du robinet, ça a mauvais goût et c’est pollué. L’eau de bouteille avait quelque chose de l’ordre de la pureté pour moi. Une sacrée dissociation avec le précieux plastique dont j’écartais tout impacts nocifs pour ma santé (merci la publicité ???). Et puis, il y avait l’appui de mes parents, eux-mêmes attachés de leurs propres croyances. Mon père ne voyait pas le mal « écologique » du plastique des bouteilles vu qu’elles étaient recyclées. Ça a même fait débat lors d’un week-end en famille (rassurez-vous, ça reste extrêmement cordiale avec eux : on ne va quand même pas se fâcher pour du plastique ^^).
Je croyais aussi dur comme fer que, pour boire l’eau du robinet, il me fallait dépenser dans des appareils pour la filtrer et lui rendre ses minéraux. Le marketing a aussi sa place lorsqu’il s’agit d’arrêter les bouteilles, il ne faut pas se voiler la face.

 

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

J’ai alors commencé à en parler à mes amis qui eux consommaient l’eau du robinet sans se poser de questions. Je me suis renseignée sur cette histoire de minéraux dans l’eau et j’ai évalué le moins pire.
La conclusion a été telle, qu’eau de bouteille ou eau du robinet, ce n’était pas « nickel, nickel » pour la santé des deux côtés.
Dans l’une, je m’abreuvais de particules de plastique, dans l’autre de possibles polluants et désinfectant pour la rendre propre à la consommation. Et puisque ma commune se trouvait être des moins pires en termes de consommation, j’ai décidé de me lancer et d’y voir en priorité un enjeu écologique en supprimant les bouteilles en plastique de ma poubelle. Et pour ce qui est des nutriments et des minéraux, je n’avais qu’à miser sur les fruits et légumes frais, consommés déjà de manière régulière.

 

L’eau de bouteille n’est pas un long fleuve tranquille

En cherchant, j’ai compris que l’eau en bouteille, de sa fabrication à sa destruction était énergivore pour notre planète. Il y a les matières premières qu’il faut transporter, le moulage, l’utilisation d’eau pour le nettoyage… Jusqu’à leur arrivée dans les commerces. Une bouteille d’un litre, c’est au final, 10cl de pétrole utilisé pour une consommation de courte durée. Faites le calcul sur une année, une vie…

Une fois, bue, sa vie continue :
– en décharge où elle mettra 1000 ans à se décomposer si elle est enfouie et polluera les sols
– en incinérateur où elle polluera l’air
– en centre de recyclage où elle sera revalorisée en plastique de moins bonne qualité qui finira sa vie de toute manière en décharge ou incinérateur, puisqu’il ne pourra plus être recyclé
– dans la nature, la mer …

Pour plus d’information, je vous conseille cet article : https://lemballageecologique.com/2017/08/30/eau-en-bouteille-impact-ecologique/

On comprend alors que la solution… C’est qu’il n’y en a pas lorsqu’il s’agit de plastique. La seule pouvant alors résorber le problème, c’est de ne pas créer de déchets et passer à l’eau du robinet qui, en plus de ne pas polluer avec le plastique, est très économique.

 

Plus d’argent, à vous en donner l’eau à la bouche

La seconde motivation, qui pourrait être la plus entendue autour de soi, après la réduction des déchets, est l’impact économique d’une consommation au robinet.
J’ai eu l’idée de sortir ma calculatrice afin d’évaluer le gain d’une telle décision. Et bingo !! L’économie est réelle et loin d’être minime, même en décidant d’investir dans une gourde ou encore un filtre.

En résumé, voilà ce que ça donne :

  Bouteille en plastique Eau du robinet
Tarif moyen au litre 0,34€  0,00163€

Tarif moyen par semaine (12litres pour 2 personnes)

4,08€ 0,01956€
Tarif moyen par an pour 2 personnes (52 semaines) 212,16€ 1,01712€

Et oui, vous pouvez le croire, une économie de 211,14€ en moyenne sur une année pour une famille de deux personnes, en consommant à peu près 12 litres d’eau par semaine.
J’ai refait les calculs plusieurs fois, pensant m’être trompée. Et pourtant, le résultat est bien là. L’eau en bouteille coûte 200 fois plus chère et jusqu’à 300 fois pour certaines marques, que celle du robinet. Les industriels ont donc tout intérêt à nous faire croire qu’il n’y a rien de mieux que l’eau en bouteille.

 

Ne pas rester cruche : gourdes et filtres à eau

Même en achetant deux gourdes pour amener au travail la première année (moyenne des prix aux alentours des 30€), nous continuerions à gagner de l’argent.

Pour ce qui est des filtres à eau par gravité, du type « stefanie » en terre ou « berkey » en acier inoxydable, cela reste un investissement. D’où l’utilité de réfléchir à deux fois avant de faire un tel achat, surtout s’il est possible de consommer l’eau du robinet sans problème. Avec ce type d’appareil, il est important de tenir compte du changement des filtres : leur coût, leur durabilité dans le temps, mais aussi en termes d’écologie, à savoir s’ils créeront un déchet non recyclable ou plus coûteux dans leur transformation.
Il est certain que l’économie personnelle reste intéressante. Cependant, si nous souhaitons rester dans une logique de « moindre impact », il me semble important de se poser ces questions avant tout achat de consommables neufs.

Je vous invite à garder en tête que chaque situation est unique. Changer ou non votre manière de consommer de l’eau va bien sûr dépendre avant tout de votre lieu de vie et de vos intérêts : écologie, santé, économie individuelle.
La réflexion a du bon, l’action aussi. Vous n’êtes d’ailleurs pas obligé d’attendre un an avant de vous y coller (ne faites pas comme moi ^^).

Pour le moment, je n’ai pas statué sur un possible achat de filtre à eau. Je n’hésiterai pas à revenir sur le sujet en vous exposant mes quelques recherches en termes d’impact écologique pour les différents systèmes (bouteilles d’eau, robinet, filtre, gourdes…), ainsi que les gains réels de ces changements en contrepartie de la bouteille d’eau.

 

Pour connaître la qualité de l’eau dans votre commune  « c’est ici »

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